Depuis son premier roman, « Morceaux de choix, les amours d’un apprenti boucher », paru au Fennec en 2003, nous savions que Nédali n’y allait pas par quatre chemins et ne pratiquait pas la langue de bois. Aujourd’hui, il récidive en s’attaquant au milieu professoral. C’est tout l’itinéraire d’un jeune du bled qu’il dépeint avec verve et humour grinçant, depuis le centre de formation jusqu’à la nomination à Tinghlr, où le directeur d’établissement, surnommé « L’Emlr », lui dit clairement : « si vous voulez vous faire un avenir dans la Fonction Publique de ce bled, vous n’avez qu’à apprendre à plier l’échine, faire des courbettes, lécher les bottes, baiser les mains, sans jamais oublier de bien graisser les pattes ! ». Fonctionnaires corrompus, obsessions sexuelles, rien n’échappe au regard acerbe de Nédali Et nous les connaissons tous, ces petits potentats véreux qui font régner la terreur et exigent un droit de cuissage... Hélas, Il ne s’agit pas d’une simple fable, c’est bien la réalité toute crue qu’il décrit avec « le népotisme partout érigé en système ». Plus qu’un roman, ce livre est un réquisitoire, une radioscopie sociologique pathétique de la société marocaine contemporaine.
Grâce à Jean de la Fontaine, par Mohamed Nédali, éditions Le Fennec.