N’est il pas étrange qu’à une époque aussi avancée que la nôtre dans la connaissance en général, nous ignorions à peu près tout de la « destination » de nos aliments ? Nous ne faisons pas que les digérer, nous les assimilons et nous utilisons ou mettons en réserve ce qu’ils nous fournissent. Que nous apportent ils à part la survie, et pourquoi l’un d’eux, même s’il se substitue parfois à l’autre, ne peut il pas vraiment le remplacer ? En bref, les aliments sont composés d’éléments nutritifs très différents et de valeurs très dissemblables. Les uns sont très répandus, les autres sont plus rares et plus précieux. Certains sont irremplaçables... L’homme n’est pas, comme l’animal, capable de fabriquer sa propre chair à partir d’herbes, de s’approvisionner en certaines vitamines sans fruits, etc. Nous avons des besoins précis et bien déterminés. Il nous faut apprendre à les connaître, pour ne pas nous imposer des restrictions dangereuses pour notre équilibre organique. La tradition alimentaire se maintient par les femmes et je dois reconnaître, malgré mon désir d’émancipation féminine que chez elles, dans l’ensemble, l’affectif prend le pas sur le rationnel. Ainsi tout ce que nous avons entendu dire ou prôner dans nos familles à ce sujet est généralement faux aujourd’hui où notre instinct alimentaire ne peut librement s’exercer. La vie industrialisée qui domine même dans les campagnes s’étale sur les écrans de télévision, et les publicités diverses nous sollicitent tellement que notre jugement est faussé si nous n’avons pas des données précises sur la valeur nutritive des aliments.
Voici un exemple concret (et mineur) pour illustrer ce monde de sollicitations et de confusion alimentaire dans lequel nous sommes plongés. Si vous aviez à choisir pour votre ligne, mangeriez vous des biscottes ou du pain ? Vous opterez peut être pour les biscottes et moi je vous conseillerai le pain. En effet, si les biscottes sont pour certains plus faciles à digérer que le pain, c’est parce que les amidons de la farine qui les composent en partie sont déjà modifiés au moment où nous les consommons, mais ni le sucre ni le gras, toujours inclus dans les biscottes pour donner le croustillant, ne sont aptes à nous faire perdre des kilos.
Si vous mangez des biscottes par gourmandise, bravo ! Si vous les digérez mieux que le pain, parfait... Si vous n’avez pas besoin de maigrir, elles ne vous feront pas de mal, mais elles ne vous aideront pas plus à maigrir que le pain. En résumé, pour faire un choix judicieux, il faut connaître la composition exacte des aliments, et ne pas nous en tenir à la solution de facilité (nourriture pratique vite faite toute prête... gourmandise publicité).
Certains aliments nous offrent directement ce qu’il nous faut, non pas seulement pour survivre, mais pour nous développer et combler nos carences : ce sont les protéines. Nous ne pouvons être privés d’un minimum de ces aliments, sans puiser dans nos propres réserves organiques.
Les protéines, sous leur forme complète, se trouvent dans la viande, les abats, la volaille, le lapin, le poisson, les oeufs et les produits laitiers. Sous une forme incomplète mais qui vient en renfort des protéines complètes on trouve des protéines dans le riz, les céréales aussi dans les légumes secs, les amandes, les noix, les noisettes, les cacahuètes . Dans l’idéal il nous faudrait consommer quotidiennement autant de grammes de protéines que nous pesons de kilos, soit environ 60 grammes pour une femme moyenne, 80 grammes pour un homme grand.
Attention, même les aliments les plus riches en protéines n’en contiennent qu’un certain pourcentage : viande abats volaille lapin poisson environ 20 % de leur poids ; fromages : 15 à 30 % de leur poids un fromage de chèvre bien sec est plus riche en protéines qu’un fromage contenant plus de graisses (camembert) ou d’eau (fromage frais) ; un yoghourt : 3,4 % de son poids ; lait entier liquide : 3,5 % ; lait en poudre : 35 % (sans eau bien sûr) ; un oeuf : environ 6 grammes.
Notre ration protéique quotidienne est absolument nécessaire. Sachez qu’elle doit impérativement augmenter dans certains moments de la vie : adolescence, grossesse, âge mûr. Dans nos pays, grâce au large choix possible, on doit, quels que soient le budget (viande chère, etc.) ou les goûts (végétariens par exemple), pouvoir arriver à satisfaire quotidiennement des exigences organiques. II suffit de prendre l’habitude de rechercher systématiquement les aliments fournisseurs de protéines, et de contrôler si l’on atteint la quantité grammes de protéines souhaitable. En effet nous ne faisons pas de réserves alimentaires de protéines : notre nourriture doit satisfaire notre demande organique au jour le jour, et être constituée pour 15 % en protéines.
Fournis à 100 % par les sucres, à 50 % par le pain, en pourcentages moindres par les légumes et fruits, ces éléments nutritifs nous permettent de dépenser l’énergie nécessaire pour notre fonctionnement organique et notre activité extérieure. indispensables au bon équilibre alimentaire quand ils se trouvent inclus, mélangés à d’autres éléments, dans les aliments naturels (légumes, fruits), ils sont souvent consommés en concentré et en excès (sucre pâtisseries) et, de ce fait, non utilisés immédiatement, mais transformés en graisse, pour être mis en réserve. Ce sont le plus souvent les grands responsables du poids. L’alimentation moderne ne nous amène pas à craindre d’en manquer (sauf maigreur excessive) car tous ces éléments doivent composer environ 50 % de notre ration alimentaire. Les hydrates de carbone, en plus de l’énergie qu’ils nous fournissent, doivent nous permettre aussi de nous réchauffer, de maintenir notre corps à bonne température, tout comme les graisses.
Les graisses, d’origine animale ou végétale, doivent aussi nous fournir l’énergie et la chaleur. Si les alimentations très grasses sont déconseillées à tous, les régimes pour maigrir ne devraient jamais exclure totalement les graisses, à cause de la teneur de celles ci en vitamines « liposolubles » et en acides gras insaturés (ou vitamine F). Ce qui est souhaitable, c’est de choisir la qualité des corps gras utilisés, de préférer le beurre frais (sans excès) au beurre cuit, l’huile végétale liquide aux corps gras solidifiés pour la cuisine et les huiles première pression ou vierges pour les salades. Ainsi sera assuré un approvisionnement indispensable à la chaleur et à l’énergie et aussi en vitamine A et en acides gras insaturés.
Parmi les acides gras insaturés deux d’entre eux sont une véritable exigence de l’organisme (cerveau y compris) : l’acide linoléique et l’acide alphalinoléique. Seules certaines huiles végétales nous fournissent l’un et l’autre : l’huile de noix ou l’huile de germes de blé, ajoutées en faible quantité à nos huiles habituelles d’assaisonnement, peuvent être une garantie de cet approvisionnement reconnu aujourd’hui comme indispensable à la santé physique et mentale. Les graisses, y compris celles incluses dans les aliments (viande, laitages, fromage, oeufs, biscuits, biscottes, plats tout préparés, etc.) doivent nous fournir environ 25 % de notre ration alimentaire. Tous les aliments, quels qu’ils soient, dégagent des calories, mais la calorie n’est que la mesure de leur valeur « énergie chaleur », souvent à considérer pour maigrir . Le pouvoir calorigène des diverses catégories d’éléments nutritifs est le suivant :
Certains éléments nutritifs insérés dans les aliments sont à considérer comme des valeurs surajoutées, qui permettent la bonne assimilation des aliments eux mêmes, et dont la valeur personnelle est immense à bien d’autres égards. II s’agit des vitamines, des sels minéraux, des oligo éléments.
les aliments qui fournissent le plus abondamment ces éléments vitaux, bien qu’infiniment petits, sont les aliments frais : fruits, légumes, produits laitiers, produits de la mer. Notre alimentation devrait nous en fournir généreusement, et nous ne saurions, sans conséquence grave, être privés d’aucun d’entre eux durablement. C’est une alimentation très variée qui peut nous donner l’assurance la meilleure de nous les fournir tous. Lorsque nous adoptons un régime pour maigrir, nous devons être très conscients de ces exigences, pour éviter de risquer des carences, et suppléer au besoin à nos manques éventuels ou réels, du fait des restrictions de nos choix, par des suppléments naturels ou synthétiques compensateurs. Dans les régimes pour maigrir, les conserves ou les aliments congelés ne sont cependant pas déconseillés totalement, quand il s’agit d’aliments « tels quels » (et non pas de plats mixtures, tout préparés composites) : épinards, filets de poisson, steaks, fruits rouges, etc., mais quelles que soient les directives alimentaires adoptées, nos choix ne doivent pas porter uniquement sur des aliments conservés ou congelés qui privent non seulement de bien des vitamines précieuses (les plus fragiles, la C en particulier) mais surtout des enzymes , indispensables à la bonne digestion des aliments et à l’assimilation harmonieuse des éléments nutritifs. Avant tout, enfin, nous avons besoin de liquide. A la rigueur on peut vivre quelque temps sans manger, mais pas sans boire : sous aucun prétexte ne vous privez de boire, même si vous avez l’impression que vous avez du poids « parce que vous gardez l’eau ». Bien se rappeler surtout que le tissu graisseux est le moins hydrophile de tous nos tissus : il contient 8 % d’eau alors que le muscle en contient 75 %. Sachez aussi que plus l’organisme s’enrichit en graisses, plus nos proportions en eau diminuent.
Il faut donc boire, plutôt loin des repas si l’on ne veut pas se gonfler l’estomac, mais boire « en mangeant » (s’il s’agit d’eau) ne fait pas grossir, cela peut seulement entraîner à manger plus. Un minimum d’un litre de liquide par jour est à conseiller, et plus est mieux que moins.