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 Contre l’amaigrissement léthargique

Les Américains et les Russes se rejoignent absolument quand ils conseillent maintenant, les uns et les autres, de faire une place importante, dans un plan de minceur, à l’accroissement de la dépense énergétique, plutôt que de s’intéresser seulement à une réduction alimentaire ou à des modifications de choix alimentaires. Ce n’est pas par souci d’esthétique qu’à Moscou le ministère de la Nutrition se préoccupe de conseils de minceur : c’est plutôt dans le souci de préserver la vie, la santé et l’activité des travailleurs, des citoyens soviétiques.

Les programmes d’amaigrissement sont appliqués comme de véritables « cures » qui permettront à ceux qui doivent les suivre de retrouver ensuite leur plein emploi et leur espérance normale de vie. Cet amaigrissement « soviétique » ne doit déterminer ni fatigue ni diminution de rendement : c’est vraiment de minceur santé qu’il s’agit, et le mouvement, l’exercice tiennent une place primordiale dans les conseils donnés, alors que le rationnement alimentaire est mis au second plan.

Le Dr A. Pokrovsky Directeur de l’Institut de la Nutrition en U.R.S.S. estime que ce n’est pas tant l’énergie consommée par l’activité qui facilite l’amaigrissement, mais plutôt l’accélération de l’activité enzymatique due à l’exercice qui permet à l’organisme de brûler plus fort, de brûler mieux : le métabolisme individuel lui même serait en fait amplifié par l’exercice. La dépense interne s’ajoutant à la dépense externe, le « régime » alimentaire n’est plus qu’un des éléments d’un programme d’amaigrissement.

Les directives se résument dans cette formule Mangez mieux et faites de l’exercice, mais surtout faites de l’exercice, c’est encore plus important que de manger moins. Evidemment, cela demande beaucoup de volonté, puisqu’il faut s’obliger au mouvement et à l’exercice tout en restreignant son alimentation. Le programme alimentaire qui accompagne l’exhortation au mouvement est simple : ni famine ni régime, mais beaucoup de protéines viande, volaille, poisson, oeufs, produits laitiers non gras ; peu d’hydrates de carbone : pain, farine, tous produits à base de farine, pâtes, pâtisserie, entremets, biscuits ; peu de gras ; pas de sucre.

En sélectionnant ainsi, disent les Soviétiques, il n’est pas besoin de se préoccuper de compter les calories, elles se limitent d’elles mêmes... mais il faut prendre chaque jour des suppléments vitaminiques naturels ou synthétiques, en particulier B, complexe total, et vitamine C, et minéraux qui agissent aussi et surtout comme coenzymes, destinés à renforcer l’activité enzymatique normale, et accentuée par le mouvement.., car l’exercice, lui, est permanent. II est à faire, durant 10 à 15 minutes pour chaque exercice, avec des repos intermédiaires de 30 minutes à 1 heure maximum.

Tout genre d’exercice est souhaitable : ceux faits au grand air, plus que les autres, encore.

Marcher-courir-nager grimper-skier-jouer au ballon -au tennis-au golf-faire de la voile faire les courses (pour la maison) grimper en montagne grimper les escaliers tondre le gazon enlever les mauvaises herbes -ratisser, etc. (qu’assurent toutes ces activités).

Certains Américains, du moins parmi les plus respectables et les plus sérieux du point de vue médical, sont maintenant de cet avis aussi : le régime alimentaire compte dans un plan pour maigrir, mais il devrait toujours être accompagné de directives « énergétiques ».

Celui ou celle qui veut maigrir doit revoir son alimentation, cela est admis par tous, mais ce qui semble inadmissible à certains médecins américains, dont le Dr G. [son livre 1 est formel à ce sujet] c’est qu’on donne tant d’indications pour limiter ou modifier l’alimentation, et si peu d’encouragements à une plus grande activité physique, donc à plus de dépenses énergétiques.

Pour lui, la grande sédentarité actuelle de l’homme de la ville porte la responsabilité majeure des kilos accumulés. Les demandes organiques diminuent avec les années, la dépense physique diminue elle aussi (si l’on n’y prend pas sérieusement garde) alors que la consommation alimentaire (au mieux) reste identique. On aurait même plutôt tendance à choisir des aliments ou des boissons qui font engraisser, à mesure que les sollicitations extérieures se font moins intenses.

Le Dr G. (comme tous ceux qui réfléchissent au problème) s’étonne qu’il reste encore, en ville, quelques individus minces après 35 ans... On constate, en effet, qu’à part ceux qui sont vraiment maigres par défaut d’assimilation ou autres désordres organiques, ceux qui restent minces malgré les années sont des gens actifs qui se préoccupent de leur alimentation, et pour qui la marche ou le sport (ou une activité sportive particulière) fait partie intégrante de leur vie. La vie moderne épargne à l’homme l’activité physique minimale indispensable. Cette inactivité est une véritable anomalie physiologique, qui mène à une atrophie inévitable si l’on ne décide pas de suppléer artificiellement à ce manque de mouvement. On ne se sert plus de ses jambes pour aller d’un lieu à l’autre. Alors il faut réinventer la marche : partir en promenade, descendre du métro ou du bus quelques stations avant sa destination, pousser une balle (golf), s’inventer quelques trajets, monter les escaliers, nager, etc. Observez les animaux dans leur milieu naturel, leur survie dépend uniquement de leur activité. Il faut admettre que pour l’homme comme pour l’animal l’immobilité entraîne l’affaiblissement et la dégénérescence. En conclusion, si vous voulez avoir un corps rajeuni par la minceur et non vieilli par l’amaigrissement, vous devez absolument ajouter au régime alimentaire choisi un minimum d’activités physiques dont vous avez perdu l’habitude.

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