La production excessive de sueur (ou hyperhidrose) au niveau des mains, des aisselles ou des pieds peut devenir une véritable infirmité, créant de réels problèmes relationnels. Néanmoins, il existe aujourd’hui des traitements de plus en plus efficaces qui peuvent transformer la vie de ceux qui en sont affligés.
L’hyperhidrose est une augmentation démesurée de la sueur, déclenchée par une hyperactivité des glandes sudoripares. Cette hyperhidrose est très mal vécue et se manifeste inopinément. Ses causes sont physiques, psychiques et souvent liées à une hyperémotivité. Elle se complique fréquemment d’eczéma de contact et crée un terrain favorable à la pullulation bactérienne, source d’odeurs désagréables.
L’hyperhidrose des mains se manifeste par une transpiration excessive des mains ; les gouttes de sueur coulent le long des bras et même sur le sol ! Les premières manifestations débutent pendant l’enfance, au moment de la puberté. La plupart du temps, elles régressent vers la trentaine.
Le risque physique le plus fréquent est l’apparition d’un eczéma, mais le préjudice est surtout psychologique.
L’hyperhidrose des pieds touche surtout les hommes jeunes, ayant souvent une hygiène insuffisante. Une odeur nauséabonde se répand lorsque le sujet se déchausse. Les complications les plus fréquentes sont l’eczéma, les mycoses et l’apparition de lésions de dyshidrose prurigineuse.
L’hyperhidrose des aisselles est souvent permanente et s’accroît sous l’effet de la chaleur ou d’une émotion. L’odeur désagréable est liée à la prolifération des germes, favorisée par la présence des poils.
Le traitement débute par quelques conseils relevant du simple bon sens :
Les traitements locaux, avec par exemple l’Etiaxil, sont efficaces à long terme, généralement bien tolérés et n’empêchent pas le fonctionnement normal des glandes sudoripares. Après avoir lavé, rincé et parfaitement séché la peau, on applique le produit matin et soir, deux fois par semaine pour les aisselles et tous les deux jours pour les mains ou les pieds. Le traitement doit cependant être suivi en permanence et, malheureusement, avec le temps, des irritations locales sont susceptibles d’apparaître ou encore l’efficacité peut diminuer par rapport à celle du début des soins.
L’utilisation de médicaments freinant les sécrétions peut être proposée par le médecin, mais il faut savoir que toutes les autres sécrétions seront aussi diminuées, entraînant par là même une sécheresse des yeux ou de la bouche, très désagréable et exposant en outre à des lésions locales.
En cas de dystonie neurovégétative, il convient d’essayer de rééquilibrer le système nerveux autonome par l’homéopathie, l’acupuncture ou la relaxation, plutôt que de recourir aux tranquillisants ou aux anxiolytiques.
Depuis quelques années, l’ionophorèse est le traitement le plus fiable pour les hyperhidroses des pieds et des mains.
Ce traitement consiste à faire passer un courant électrique dans un bac rempli d’eau du robinet, dans lequel on laisse les mains ou les pieds pendant vingt minutes. Bien sûr, il est indispensable de se débarrasser de tout objet métallique (bagues, bracelets...). La peau ne doit jamais être en contact avec le métal des électrodes sous peine de brûlures. Au début, trois séances par semaine sont nécessaires. Dès qu’une amélioration est constatée, les séances sont limitées à une tous les quinze jours ou même à une par mois.
Dans 90 % des cas, les soins se soldent rapidement par une réussite. Toutefois, il convient de poursuivre un traitement d’entretien et de trouver son propre rythme, en fonction des résultats obtenus. Cette thérapeutique peut se faire chez un médecin ou même chez soi, ce qui est beaucoup plus avantageux. Sur prescription médicale, vous pourrez acheter l’appareil d’ionophorèse.
En raison du passage d’un courant électrique, l’ionophorèse est contre indiquée aux porteurs de pace maker, aux femmes ayant un stérilet et par prudence aux femmes enceintes.
Lorsque toutes ces méthodes ont échoué ou que leurs effets se sont émoussés, on peut envisager une solution chirurgicale, consistant soit en l’ablation des glandes sudoripares au niveau des aisselles, soit en la section de branches du nerf sympathique. Mais les résultats peuvent être éphémères ou aboutir à une sécheresse cutanée redoutable !