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 Les prothèses mammaires

Le sein est un organe très particulier. Il a, avant tout, une fonction de sécrétion externe qui est essentielle puisqu’elle permet l’allaitement et qu’elle a assuré très longtemps la survie de l’espèce. Il a toujours été symbole de fécondité, de maternité et, donc, de féminité, dès que cette notion est apparue, c’est à dire très tôt. Il n’est pas étonnant que les femmes aient eu envie de porter ce symbole haut et fier et que les hommes aient désiré y poser les mains. C’est ainsi que le sein a acquis une seconde fonction que l’on peut qualifier de sexuelle.

La possédait il à l’origine ? C’est peu probable, car les caresses des mamelles ne se retrouvent dans aucune espèce animale et certainement pas chez les grands singes. A la fonction d’allaitement et à la fonction sexuelle ou érotique des seins est venue très vite s’ajouter une troisième fonction, la « fonction d’appât », et c’est curieusement cette dernière qui semble être devenue essentielle pour la femme. La femme, en effet, néglige désormais l’allaitement ; elle sait que le volume de ses seins n’a rien à voir avec le plaisir que les caresses mammaires lui procurent ; en revanche, elle est très affectée par l’effet que ses seins peuvent produire sur les hommes (et sur les femmes) qu’elle rencontre. De là, l’affliction de celles qui les ont tombants ou trop gros et, surtout, de celles qui n’en ont pas.

Cause d’absence des seins

Elle s’observe dans trois cas :

Que peut on faire dans ces cas pour donner à la femme qui en est douloureusement privée une poitrine qui la délivrera de son complexe ? Reconnaissons tout de suite que les traitements médicaux sont sans effet, qu’il s’agisse des hormones ovariennes (folliculine et lutéine), des pommades, des infiltrations locales ou des massages électriques. Les pilules ont quelquefois un effet, mais jamais chez les femmes ayant de petits seins. Il ne reste donc que le traitement chirurgical plastique.

Comment peut on suppléer chirurgicalement au manque de glande mammaire ? L’idéal serait de la remplacer par un tissu vivant. En réalité, toutes les tentatives faites dans ce sens échouent ou aboutissent à des cicatrices fâcheuses. Les greffes de graisse prélevée au niveau des fesses et les greffes de peau conservées se résorbent. Quant aux lambeaux prélevés dans le voisinage du sein, ils sont réservés aux corrections des ablations chirurgicales du sein. Il n’existe en fait qu’un seul traitement chirurgical des petits seins, c’est celui qui fait appel à des prothèses. Les prothèses en silicone ont relégué dans l’oubli toutes les autres inclusions (évalon, polystan, étheron). L’inertie physique et chimique, la très bonne tolérance, la facilité de stérilisation et de modelage font de la silicone le meilleur implant prothétique actuel. D’autre part, la silicone paraît n’avoir aucune activité cancérigène, après plusieurs milliers d’interventions.

Les différentes prothèses

Toutes sont constituées d’une enveloppe de silicone très souple, remplie d’une substance variable. Deux modèles se partagent la faveur des chirurgiens : les prothèses gonflables et les prothèses pleines.

Les prothèses gonflables :

Elles sont remplies pendant l’intervention, après avoir été mises en place. L’opérateur injecte dans la prothèse du dextrine, qui est un liquide physiologique, ou un gel siliconé, ou du sérum salé. Une valve assure l’étanchéité. Ces implants ont l’avantage d’avoir un volume réglable et d’être introduits par une incision très petite. Ils ont un inconvénient majeur : la possibilité de fuite au niveau du système de fermeture ou la perforation par traumatisme violent. A éviter par conséquent chez les sportives de compétition.

Les prothèses pleines :

Elles sont prêtes à l’emploi et livrées remplies d’un gel de silicone. Elles existent en différentes formes et tailles. Leur consistance est très voisine de celle de la glande normale.

L’intervention

Le choix de la taille de l’implant a lieu avant l’intervention. Il est important de faire préciser à l’opérée le volume de poitrine qu’elle désire. L’intervention est faite sous anesthésie générale ou locale. L’incision varie avec les opérateurs. Trois voies d’abord sont possibles : la voie axillaire, peu pratique ; la voie sous mammaire, la plus utilisée ;la voie aréolaire (autour de l’aréole), à peu près abandonnée à l’heure actuelle.

La longueur de l’incision dépend de la taille de la prothèse (3 à 6 cm sont habituellement suffisants). Il faut éviter tout saignement pour ne pas créer d’hématomes, sources de rétraction et d’infection.

L’avenir lointain parait très bon, avec cependant deux réserves : le recul, avec les prothèses utilisées actuellement, ne dépasse pas une quinzaine d’années. D’autre part, certaines patientes développent autour de l’implant une capsule fibreuse qui donne à la poitrine une consistance assez ferme et un sein en demi globe qui trahit la présence de la prothèse ; c’est une des complications les plus redoutées de cette chirurgie d’augmentation mammaire. Sa fréquence est variable suivant les auteurs, mais les statistiques récentes indiquent des pourcentages de 50%, sinon plus. La capsule fibreuse se forme, quelles que soient la technique utilisée et la qualité de la prothèse. Lorsque cette réaction est excessive, il est nécessaire de rompre cette capsule par une pression externe (squeezing) ou par une nouvelle intervention chirurgicale. Le praticien vous précisera les massages à faire sur vos seins et les prothèses pour éviter ce désagrément.

Outre les petites poitrines, les prothèses mammaires ont encore deux indications intéressantes :

Les prothèses et la sexualité

L’effet des prothèses est très favorable au point de vue psychologique, car la femme se trouve délivrée du complexe du petit sein et n’éprouve plus la crainte de se dénuder devant son partenaire, crainte qui est souvent génératrice de frigidité. Il apparaît même très souvent chez la femme une euphorie réactionnelle qui tourne peut être quelquefois à l’exhibitionnisme, mais qui entraîne une confiance en soi très favorable à la réussite amoureuse.

En revanche, l’effet purement sensuel est plutôt défavorable, car le sein perd une grande partie de sa sensibilité érotique, en particulier le mamelon qui, au cours de l’intervention, se trouve séparé d’un grand nombre de filets nerveux sensoriels qui l’innervent. De toute façon, il existe toujours une récupération de cette sensibilité dans le temps.

Autre inconvénient d’ordre psychologique, la femme « craint pour ses seins ».

Elle a peur qu’on les palpe trop fortement, d’où une appréhension qui risque d’être inhibitrice. Mais, dans l’ensemble, avantages et inconvénients s’équilibrent. Reste donc le bénéfice esthétique.

Remarque :

Avec une prothèse mammaire, l’allaitement reste possible, mais peu souhaitable à cause du risque infectieux pour la prothèse.

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