II faut le dire, même si cela aggrave l’angoisse de ceux qui doivent maigrir : la nourriture profite plus aux uns qu’aux autres !
Deux personnes qui ont régulièrement le même type d’alimentation peuvent présenter des inégalités pondérales flagrantes : l’une mettra en réserve systématiquement et continuellement de la graisse alors que le poids de l’autre restera stable.
Ainsi l’on doit admettre que les « tempéraments alimentaires » sont divers et en tenir compte.
Cependant, même si l’on croit ne manger pas plus qu’un autre, ou même moins, il n’y a pas que la quantité consommée apparemment aux repas qui compte il faut penser que des différences « invisibles » peuvent être à l’origine des inégalités de résultats ! Est on vraiment sûr d’avoir des portions identiques ? Rien que le sucre, ajouté dans les boissons, peut être, à lui seul, le responsable des kilos supplémentaires : savez vous qu’en sucrant seulement un peu trop votre café vous pouvez engraisser de 5 g par jour, 150 g par mois, ce qui fait 1,800 kg par an, mais aussi 9 kilos en 5 ans !
Il en est de même pour le pain, pour le beurre. En consomme t on un peu ou pas ou beaucoup ? Il y a tant de façons de faire des tartines de beurre !
L’alcool ! Seulement un peu plus que l’autre, chaque jour, peut expliquer la différence de poids. Même si l’on a parfois l’impression de « manger pareil », on peut en fait se nourrir très différemment.
Cette mise au point des quantités de nourriture réellement consommée étant faite, il faut bien admettre les injustices et les inégalités devant le poids, à nourriture égale. II y a vraiment des différences d’utilisation des aliments d’un individu à l’autre et c’est uniquement le résultat qui est à considérer. C’est notre poids seul qui nous indique si nous mangeons trop ou si nous mangeons mal, compte tenu de notre propre tempérament alimentaire (je le répète une fois de plus), c’est à dire par rapport à notre façon d’utiliser les aliments.
En effet, la machine interne de chacun d’entre nous fonctionne à un rythme qui lui est propre, et emploie à sa façon les aliments que nous lui fournissons pour accomplir deux tâches distinctes : la première étant le travail interne que notre organisme doit accomplir, même sans mouvement, pour maintenir notre corps en vie (respiration, circulation, vie cellulaire, digestion, etc.). Ce travail se mesure : c’est le métabolisme de base, et à taille égale et à poids égal on peut avoir des différences de métabolisme de base importantes. Le fonctionnement vital n’est pas identique d’un individu à l’autre. Il se ralentit avec les années et exige de moins en moins d’énergie. Un phénomène comparable se constate, hélas ! aussi chez celui qui doit maigrir plus on a de poids, par rapport à la surface de son corps, plus le métabolisme est faible, car le tissu « gras » est moins gourmand d’énergie que le tissu musculaire ! Ce qui revient à dire que le plus gros « dépense » moins que le plus mince pour accomplir tous les échanges et toutes les activités internes indépendantes de notre contrôle, donc qu’il a besoin de moins d’énergie alimentaire que le plus mince !
A ces premières dépenses organiques d’énergie, s’ajoutent nos dépenses d’activités, variables selon notre mode d’existence et évidemment le moment de la vie. Généralement plus on est jeune, plus on s’adonne aux activités extérieures. Avec les années on ne joue plus, on ne court plus... on « se dépense » moins ; on participe au sport plus en le regardant qu’en le pratiquant. A l’égard de ces dépenses d’activités, on peut dire aussi sans se tromper que le plus gros dépense moins que le plus maigre, car plus on est léger, plus il est aisé de se mouvoir. Le poids, lourd à porter, fait que les mouvements sont plus comptés et l’activité moindre d’où dépenses moindres aussi...
Enfin la lutte pour le maintien du corps à température constante, quelle que soit la température extérieure, demande moins d’ « énergie » à celui qui est enveloppé de graisse qu’à celui qui ne l’est pas et qui doit se réchauffer en permanence puisque dépourvu de couverture protectrice. Voilà encore une bonne raison pour les gras de dépenser moins que les minces !